En France, l’avortement (ou IVG : Interruption Volontaire de Grossesse) est légal depuis 1975 grâce à la loi Veil. Le 25 mai dernier, c’est l’Irlande qui l’a légalisé à la suite d’un référendum. Cependant, de nombreuses femmes du monde entier n’ont toujours pas le privilège de disposer de leur corps comme elles le souhaitent. Quelques pays autorisent l’avortement selon des critères très restrictifs tels que le viol, l’inceste ou lors de la malformation du fœtus. Dans la majorité des pays qui l’interdisent, certaines d’entre elles risquent l’emprisonnement à vie ou pratiquent un avortement clandestin, au péril de leur vie. Pour quelles raisons une femme a-t-elle recourt à l’IVG ? Pourquoi est-elle jugée sur un choix qui lui appartient ? Quel rôle joue l’Église catholique sur le droit à l’avortement ? Retour sur des siècles de contrôle du corps des femmes.

L’avortement est mon droit

Physiquement et psychologiquement, un avortement est toujours une épreuve. Ce n’est pas pour rien que les femmes qui décident d’avorter sont suivis psychologiquement avant et après l’avortement. Au-delà du choix, la procédure en elle-même est éprouvante. Aujourd’hui en France, l’avortement est légalisé mais il est aussi pris en charge à 100% par la sécurité sociale. Ainsi, toutes femmes, de tous âges, conditions sociales et milieux confondus possèdent le droit de disposer de son corps. Si vous souhaitez avoir plus d’informations concernant la démarche, les conditions d’intervention, le coût, etc, c’est par ici.

Les principales situations où une femme peut faire le choix d’avorter : lorsque la grossesse est due à un viol, lorsque le fœtus à une malformation grave qui peut entraîner sa mort à la naissance, lorsque la grossesse met en danger la santé de la femme, lorsqu’elle n’a pas les moyens financiers de subvenir aux besoins d’un futur enfant ou lorsqu’elle n’est pas prête à l’accueillir dans sa vie, etc. Cette liste est non exhaustive. Par ailleurs, chaque femme devrait pouvoir faire le choix d’avorter sans avoir à se justifier d’une quelconque manière. C’est un choix strictement personnel qui n’appartient à personne d’autre qu’à la première concernée.

L’avortement est illégal dans plus de 40 pays du monde

L’avortement est toujours tabou aujourd’hui, même dans les pays où il est légalisé. Les femmes qui y ont recours ne le disent pas toujours, de peur d’être jugées et critiquées. Et c’est d’ailleurs très souvent le cas. Aux yeux de ceux qui se déclarent comme « anti-ivg », l’avortement est une solution de « confort » et profondément égoïste. Il faudrait informer ces personnes qu’un avortement n’est jamais, ni confortable, ni un choix facile à prendre. Par ailleurs, l’avortement n’est pas sans risque lorsqu’il est effectué dans un pays où il est illégal. Au Salvador, par exemple, les femmes encourent 30 ans de prison si elles avortent. Certaines y laissent aussi parfois leur vie. Aujourd’hui, c’est plus de 40 pays qui interdisent encore l’avortement, ce qui contraint certaines femmes à y avoir recours clandestinement. Les conditions dans lesquelles sont réalisées ces avortements sont précaires, moyenâgeuses et dangereuses. Chaque année, il y a environ 45 000 femmes qui décèdent des suites d’un avortement clandestin. Selon l’OMS, les avortements clandestins représenteraient 49% des avortements dans le monde.

Fiabilité et accès à la contraception

Dans les pays où l’avortement est légalisé, certains trouvent encore l’occasion de critiquer celles qui y ont recours. Les critiques les plus vives concernent la potentielle absence de contraception qui aurait entraîné une grossesse à posteriori non désirée. Cependant, il me semble important de rappeler que la contraception, peu importe celle que vous choisissez, n’est jamais fiable à 100%. Il est totalement possible de tomber enceinte tout en ayant un moyen de contraception. Il faut garder à l’esprit que cela reste évidemment plutôt rare mais tout de même possible.

Par ailleurs, dans les pays où l’avortement est interdit, la contraception est souvent inaccessible. Cela touche majoritairement des populations pauvres. En effet, la plupart des pays de l’hémisphère sud rendent illégal l’avortement mais leur population n’a pas non plus accès à une contraception ni même parfois, à toute forme d’information sur le sujet. Ce qui est plutôt paradoxal puisque la contraception empêche la majorité des grossesses et donc par extension, l’avortement. Si je ne suis pas enceinte, je n’ai pas besoin d’avorter, par définition. L’accès à la contraception pour tous est donc un enjeu mondial, pas seulement pour éviter les grossesses non désirées mais également pour éviter la transmission des maladies sexuellement transmissibles.

L’Église catholique et l’avortement

Récemment, l’Irlande a voté pour le droit à l’avortement pour toutes. C’est un pays où l’Église catholique a énormément d’influence sur la population. En effet, 80% des habitants se déclarent catholiques. C’est grâce à sa perte d’influence sur la population, liée à divers scandales comme celui de la pédophilie, qu’un vote en faveur de l’avortement a pu voir le jour en 2018, après des siècles de combats. Les prises de positions de l’Église sont très virulentes en ce qui concerne l’avortement. Elle qualifie notamment ce dernier de « meurtre ». Je rappelle qu’aux délais autorisés pour pouvoir avorter, il n’a jamais été prouvé que l’ovule fécondé ait une conscience. Il n’est pas considéré comme un « enfant » mais encore comme un embryon. A mon sens, il y a une certaine hypocrisie dans la pensée religieuse vis-à-vis de l’avortement. Il n’y a rien de plus courageux et d’altruiste que de refuser de mettre au monde un enfant à qui on ne peut pas offrir les meilleures conditions de vie, quelles soient matérielles ou émotionnelles. Rien ni personne n’a a donné son avis ni même à imposer sa vision des choses à une femme qui fait ce choix.

Par ailleurs, la difficulté d’accès à la contraception n’émane pas seulement de la pauvreté mais aussi du tabou que sont les relations sexuelles avant le mariage dans diverses religions. En effet, elles sont rarement tolérées et souvent peu évoquées. La désinformation engendre des problèmes et des situations compliquées. Le tabou, qu’en a lui, ce sont ceux qui n’en parlent pas qui le créent.

A retenir

Parfois, une vidéo vaut plus que des mots.

Le corps d’autrui ne vous appartient pas.

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