Le sexisme, le manterrupting, le mansplaining, ça vous parle ? Aviez-vous déjà remarqué que les hommes coupent très souvent la parole aux femmes ou qu’ils passent leur temps à leur expliquer ce qu’elles savent déjà ? Ce genre de comportements ou de paroles dégradent les femmes et les rabaissent. Ils sont tellement intégrés dans notre quotidien et dans notre société, qu’ils deviennent « normaux » et communs. C’est ce que l’on appelle le sexisme ordinaire. Aujourd’hui, je vais tenter de vous montrer à quel point il est ancré dans notre société.

Le sexisme ordinaire au quotidien

Si vous ne savez pas ce que sont les stéréotypes de genre, je vous invite à lire mon article sur le sujet, il vous donnera quelques clés de compréhension. Comme je l’évoquais en introduction, le sexisme ordinaire existe et perdure notamment grâce aux stéréotypes de genre qui ont été intériorisés au point d’être presque acceptables socialement. Ce genre de remarques, commentaires, comportements, ou idées reçues sexistes ne sont pas toujours véhiculés par des hommes, les femmes peuvent, elles aussi, les utiliser sans se rendre compte que c’est un problème. Les femmes ont tellement été conditionnées dès le plus jeune âge, qu’il est parfois difficile de déconstruire les idées reçues qui nous ont été transmises.

8 exemples de sexisme ordinaire :

1. Qui n’a jamais entendu : « Femme au volant, mort au tournant » ? Ce cliché sexiste est directement lié au genre : les femmes conduiraient moins bien que les hommes pour la seule raison qu’elles sont des femmes.

2. « T’as tes règles ou quoi ? » Lorsqu’une femme est de mauvaise humeur et ose l’exprimer, elle est directement attaquée. « T’as tes règles ou quoi ? », comme si les règles étaient le seul facteur de la mauvaise humeur d’une femme et d’ailleurs, quel est le rapport ? On a le droit d’être énervée que pendant nos règles ?

3. Être sifflée dans la rue : Personne n’a réussi à séduire une femme en la sifflant. Il faut arrêter ça. A aucun moment ça n’est gratifiant d’être sifflée, les femmes ne sont pas des chiens. J’ai d’ailleurs, à titre personnel, plus de respect pour les chiens que pour les hommes qui se permettent ce genre de comportements.

4. « Vous vous habillez/maquillez pour les hommes » : désolé d’en décevoir quelques-uns mais vous n’êtes pas le centre de nos préoccupations ni le nombril du monde.

5. « Les filles qui s’intéressent au foot, c’est juste pour attirer l’attention des mecs » : encore une fois, vous n’êtes pas le centre du monde. Les femmes n’ont-elles pas le droit d’exister et de vivre indépendamment des hommes ?

6. « Une femme qui couche avec beaucoup d’hommes ne se respecte pas » : le respect de soi n’a rien à voir avec la sexualité. Que l’on veuille coucher avec un homme différent toutes les semaines ou que l’on souhaite rester vierge jusqu’au mariage, l’important c’est le respect de la sexualité de chacun. Nous sommes tous libres et maîtres de notre corps et personne n’a d’avis a donner dessus. Un peu de respect pour chacun n’est pas interdit.

7. Penser que la cellulite, c’est laid.

8. Une fille a le droit d’exprimer ses émotions et de pleurer, un homme non, jamais.

Le mansplaining, ou l’art d’imposer son point de vue

Je voulais revenir sur le fléau encore trop sous-estimé qu’est le mansplaining. Pour résumer, c’est lorsqu’un homme se sent obligé de devoir expliquer à une femme quelque chose qu’elle sait déjà, de manière paternaliste et condescendante. Bien que ce mot soit assez récent, le concept, lui, ne date pas d’hier. Le mot mansplaining est la contraction de « man » et de « explaining », donc « homme » et « expliquer », pour ceux qui ont séché les cours d’anglais en 6e. Concrètement, cela veut dire : moi je sais et mieux que toi. Il arrive fréquemment que lorsqu’une femme dénonce une situation sexiste, un homme lui réponde qu’elle a tort ou que ce n’est pas sexiste. Ou qu’elle dramatise et qu’il faudrait qu’elle change de point de vue. Que lui, ne voit pas les choses de cette manière, etc. Le mansplaining, c’est lorsqu’un homme pense mieux comprendre que vous quelque chose qu’il ne vit pas.

5 exemples de mansplaining :

1. « Peut-être qu’en étant moins agressives, vous feriez plus avancer votre cause ! »

2. « Vous voyez le mal partout, c’est juste une blague, vous n’avez pas d’humour, détendez vous ou vous finirez seules avec dix chats »

3. « Ces pseudos-féministes qui s’affichent nues sur les réseaux sociaux »

4. « T’es sûr que tu l’as pas un peu chauffé ? Pour qu’il te mette une main aux fesses, t’a forcément dû faire quelque chose, arrête. »

5. « C’est ton mec, il ne peut pas t’avoir violé, t’es censée avoir toujours envie de coucher avec lui »

Le mansplaining est l’illustration parfaite du système patriarcal, qui remet sans cesse en cause la parole de la femme sur ce qu’elles vivent ou ont pu vivre. D’ailleurs, nous avons pu le voir lors de #metoo et #balancetonporc. La condescendance avec laquelle ces interventions ont lieu est insupportable. Surtout venant d’un homme, ce dernier étant privilégié par rapport à une femme, et encore bel et bien, en position de domination au sein de la société. Il existe pourtant différentes manières d’exprimer son avis avec respect. Le tout est d’éviter de parler aux noms des femmes ou à leur place. Voici quelques questions à se poser si, dans un débat, en tant qu’homme, vous souhaitez éviter le mansplaining.

Madmoizelle.com

Le manterrupting ou l’art de couper la parole aux femmes

Encore une fois, une expression qui regroupe deux mots anglais : « man » et « interrupt » pour désigner le comportement des hommes à couper la parole aux femmes au travail, en public ou dans la sphère privée en raison de leur genre. Des études ont montré que les hommes se permettaient d’interrompre leurs interlocutrices trois fois plus que l’inverse. Généralement, le manterrupting et le manplaining vont de paires. C’est le genre d’actions du quotidien auxquelles on ne fait même plus attention et pourtant, elles contribuent à l’humiliation des femmes et à la réduction de leur temps de parole. Je vous invite à cliquer sur la vidéo en dessous, vous y verrez comment, en pratique, le manterrupting est un vrai fléau.

Ce qu’il faut retenir

Vous allez sûrement me dire ou simplement penser que le sexisme ordinaire, les stéréotypes de genre, les mansplaining, le manterrupting ne sont pas des combats importants ou prioritaires. A ce moment-là, vous serez un poil condescendant, si je peux me permettre ! Pourtant, à mes yeux, il n’y a pas de combats inutiles. Bien sûr, il y a des combats qui seront la priorité pour certaines et qui, pour d’autres, viendront en second plan. Cela ne veut pas dire qu’ils n’ont aucun intérêt ou qu’ils ne sont pas légitimes d’exister et d’être combattus par d’autres. Pour résumer extrêmement brièvement mon article, le sexisme ordinaire rabaisse les femmes et leur place dans la société, tout en entretenant le patriarcat. Ne pas s’en occuper ou le nier, c’est être complice de l’humiliation les femmes. Et vous, vous en pensez quoi ?

2 thoughts on “Le sexisme ordinaire : qu’est-ce que c’est ?”

  1. Je ne suis pas d’accord avec votre article et je vais répondre à vos questions soulevées :

    -Est-ce que vous savez combien la femme à qui vous parlez (faute d’orthographe dans l’original) en sait sur le même sujet :

    Argument fallacieux : On critique l’argument, pas la personne. Toutes les citations d’Einstein ne sont pas à prendre pour argent comptant, même s’il fut le plus grand physicien du monde. On ne remet pas en cause la crédibilité de la féministe (sauf si elle n’est effectivement pas crédible) mais la pertinence des arguments.

    -Est-ce que vous utilisez votre prétendue expertise pour prouver quelque chose dans votre virilité ?

    Prouver non, reconnaître, oui. Il existe plein de mecs qui reconnaissent leurs travers sexistes de par leurs expertises personnelles. On appelle cela l’auto-critique. C’est très sain comme mode de vie ! Faites-vous votre auto-critique ?

    -Quand elle parle, est-ce que vous écoutez ce qu’elle est en train de dire ou êtes-vous simplement en train de répéter votre prochaine réplique ?

    Ce n’est pas un problème unisexe et c’est un problème de personne : Il n’y a pas grand chose de pire dans un débat que celui qui veut toujours avoir raison. Mais toutes les critiques ne sont pas comme ça. Le débat n’est pas censé être un concours de celui qui a le plus raison.

    -Est-ce que vous parlez de votre propre expérience, ou bien êtes-vous en train d’universaliser vos propres sentiments ? Est-ce que vous lui expliquez sa propre expérience ?

    Tout le monde, à peu près, fait part de ses expériences. A défaut d’ominiscience ou d’objectivité totale. Par ailleurs, c’est le but d’un débat : Percer les biais, détruire nos barrières personnelles et s’imprégner de ce que l’autre peut nous apporter.

    Si les féministes restent entre féministes ou entre gens qui partagent leurs points de vue, comment peuvent-elles évoluer ?

    -Est-ce que vous savez vraiment de quoi vous parlez ?

    Pareil, ce n’est pas un problème unisexe et c’est un problème de comportement. Mais traiter tous les hommes de cuistres parce qu’ils ne sont pas femmes, c’est encore une fois un argument ad hominem et du sexisme de surcroît. Exactement du même niveau que les hommes qui disent « C’est un truc de mec, tu ne peux pas comprendre ! »

    Par ailleurs, mettre sur le même pied d’égalité le grand sage bienveillant (ou qui se veut bienveillant) pour la guider dans la lutte et le petit con qui a un sexe à la place du cerveau, c’est malsain et foncièrement irrespectueux !

    C’est comme noter en exemple de misandrie :
    -Simone de Beauvoir : « Tous les hommes sont animés par la volonté du pouvoir. » (argument à débattre)
    -Jeanne-Pétasse : « Vous, les mecs, avez tous un petit sexe et pas de cerveau ! » (propos outrancier)

    Vous vous sentez choqué(e) ? C’est normal ! Un mec ouvert et tolérant accusé d’être juste un con qui se croit meilleur que les autres et discrédite les femmes sous couvert d’un nom qui n’est même pas français à la base et mis au même niveau que des cons qu’ils rejetteraient sans aucun doute, ce n’est pas normal.

    Par ailleurs, selon votre point de vue, vous estimez que tous les combats sont importants et il n’y a pas de combat jugé prioritaire ou plus important.

    Mais ça, ça se discute : Estimez-vous qu’il soit plus urgent de réformer la langue française ou de sauver ces femmes victimes de viol ?

    C’est, à mon sens, ce qui scandalise chez madame Diallo : Le sparadrapgate est une preuve de la déconnexion totale de cette femme avec la réalité (je sais, ce n’est pas du féminisme ce qui va suivre mais ça entre dans la lutte afroféministe et ça illustre une lutte inutile aux yeux de tous ses détracteurs) :

    -Elle estime que la peau noire se marie mal avec les sparadrap de couleur blanche.

    Pourquoi le premier combat est inutile ?

    Parce qu’un sparadrap n’a pas pour vocation de se fondre sur la peau mais de sauver des vies. Certains sparadrap sont aux couleurs de spiderman pour les enfants et d’autres d’une carnation beaucoup trop foncée pour la peau blanche.

    Parce que rien n’empêche un marché de sparadrap de couleur noire de se développer (rappel : Il y a un marché pour Spiderman). C’est juste une question de demande. Si demain, la mode est de porter des capes, les ventes de cape vont exploser. A l’heure actuelle, les ventes de capes ne sont pas top mais ce n’est pas de la discrimination envers les personnes qui aiment porter des capes.

    Un autre argument de sa part est aussi de mentionner que le coton des sparadrap transparents est blanc. A moins d’ajouter des colorants, je ne vois pas trop l’alternative : Le coton est blanc par nature. Par ailleurs, vous noterez qu’il est facile pour les trolls de faire le parallèle entre « coton » et « africain ». Ce n’est pas un argument mais il faut s’attendre à tout, surtout venant des « cons » (entre guillemets parce qu’on est toujours le con ou la conne d’un autre).

    Bref, je comprends votre frustration d’entendre toujours des gens ramener leur science mais ce n’est pas en disant « Arrêtez de critiquer ! » que le sexisme reculera. C’est même nocif car ça insinue l’idée que les féministes estiment que les non-féministes ou les critiques du féministe n’ont pas à parler ou que leur parole ne vaut rien.

    Une telle pensée est l’apanage des totalitarismes !

    1. Bonsoir. Je n’ai pas pu remédier à cette faute car le document n’est pas de moi, comme spécifié en description.
      Je ne pense pas que cet argument soit fallacieux car, bien souvent dans les arguments qui sont donnés, l’intégrité de la personne est mise en cause et non ses arguments. Un exemple pour illustrer mon propos : lors d’une enquête judiciaire pour viol, lorsque les policiers disent à la victime qu’elle a dû envoyer des signaux qui ont été mal interprétés par son agresseur, ils font du mansplaining en parlant à sa place, en affirmant que c’est peut-être un peu sa faute finalement. De même lorsque l’on demande à la victime comment elle était habillée lors de l’agression. Dans de nombreux cas, la critique se fait sur l’argument en utilisant la personne pour illustrer. Peut-être que vous, personnellement, ne le faites pas mais ce n’est pas la majorité des cas.
      L’auto-critique est un très bon comportement, que nous devrions tous utiliser régulièrement. Cependant, je ne vois pas en quoi elle concerne le sujet ? Reconnaître que l’on a été sexiste à x moment/situation sur x sujet est une très bonne chose et si tout le monde le ferait, nous ne vivrions plus dans une société patriarcale. Mais, dans le cas précis du mansplaining, lors que quelqu’un expose ses arguments dans le seul but de prouver quelque chose, (qu’il n’est pas comme ça, que l’on a tord de penser de x manières, etc) il ne fait pas son auto-critique.
      Je ne dis pas qu’il y a une personne qui a raison et l’autre tord, bien au contraire, sinon il n’y aurait aucun débat. Il est cependant assez important de ne pas s’approprier la lutte/le combat/le témoignage d’une personne qui discriminée par ceux qui les dominent, là ça devient un problème de genre.
      A nouveau, la question n’est pas « de rester entre féministes ou personnes qui partagent notre point de vue » et de ne pas débattre avec quelqu’un avec qui on est en désaccord. La question et le problème sont que ces interventions sont parfois faites de manière condescendante et paternaliste (par des personnes qui ne vivent pas directement la discrimination en question), d’où la petite série de questions faites par Madmoizelle, qui permet d’éviter le mansplaining.
      Pour la question « Est-ce que vous savez de quoi vous parlez? », j’y réponds dans la phrase précédente. Il n’est pas question d’affirmer que l’autre n’y connaît rien mais plutôt qu’il est possible qu’il n’ait jamais, personnellement, vécu cette expérience et donc qu’il serait malvenu pour lui d’intervenir en parlant à la place de l’autre. Intervenir oui, débattre oui, mais la manière de le faire est très importante, quand on a une place privilégiée dans la société.
      Si un homme est ouvert et tolérant, il n’y a donc pas de raison pour qu’il soit l’auteur de mansplaining, non ? J’échange régulièrement avec des hommes qui ont les deux caractéristiques que vous citez et ils sont capables de débattre avec moi et de m’exposer des arguments avec lesquels je suis en désaccord, sans pour autant être dans un comportement de mansplaining. Si vous parlez du mot « mansplaining » ou « manterrupting » qui ne sont pas français, c’est parce qu’ils ont été utilisés pour la première fois dans un pays anglophone et qu’ils ont ensuite traversé les frontières pour arriver jusqu’à nos oreilles. Heureusement, il y a une traduction française, que j’ai écrite dès les premières lignes, pour que ces expressions soient comprises de tous!
      Je dis surtout qu’il n’y a pas, à mes yeux, de combats inutiles, que certaines se battront pour certaines choses pendant que d’autres pour différents sujets. Une femme noire n’aura pas les mêmes priorités dans ses combats qu’une femme blanche, comme vous pouvez vous en doutez. Bien qu’elles soient toutes deux discriminés pour leur genre, l’une est aussi discriminée pour sa couleur de peau. C’est pour cela que je ne vous rejoins pas sur ce que vous pensez des combats que mènent Rokhaya Diallo. Je vous invite à vous intéresser à ses revendications et vous verrez qu’elle n’est pas « déconnectée » de la réalité. Les pansements ne sont pas une mode, comme vous le dites si bien, c’est pourquoi le parallèle avec la mode des capes me semble un peu hors contexte. Derrière cette revendication pour les pansements noirs, il y a surtout la dénonciation de l’unique commercialisation de pansements couleurs « chair ». Mais la chair de qui ? La chair, la peau ou ce que vous voulez, n’est pas exclusivement blanche. C’est le même problème avec les marques de maquillage qui proposent seulement 2 teintes de fond de teint pour peaux mates ou noires. Comme l’impression que les personnes noires se sont pas assez considérés ou du moins, pas autant que les personnes à la peau claire. Les premières concernées en parlent bien mieux que moi et je n’ai pas envie de parler à leur place. C’est pourquoi dire que le combat de Rokhaya Diallo, qui est le combat d’autres femmes également, est déconnecté de la réalité, c’est réduire et rabaisser leur parole.
      Mon article n’a sûrement pas vocation à dire que les non-féministes n’ont pas à parler ou que leur parole ne vaut rien, bien au contraire, et je suis désolée que vous ayez pu l’interpréter ainsi.
      Merci pour votre commentaire.

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